Guide — Le vibe coding
Le vibe coding
Définition, limites, et la compétence qui ne se délègue pas
Le mot est né d’une boutade et il est devenu un métier. Il désigne une façon de fabriquer du logiciel où l’on ne lit plus le code : on décrit, on regarde le résultat, on redemande. C’est vrai, c’est puissant, et ça ne dispense pas de la seule chose que l’IA ne fera jamais à votre place : savoir ce que vous voulez.
Mis à jour le 23 septembre 2026
D’où vient le mot
En février 2025, l’informaticien Andrej Karpathy, passé par OpenAI et Tesla, décrit sur X une nouvelle manière de programmer qu’il appelle « vibe coding » : on se laisse porter, on parle à l’IA, on accepte ses modifications sans les relire, et l’on finit par oublier que le code existe. La formule a fait le tour du milieu en quelques semaines ; le dictionnaire Collins l’a retenue comme mot de l’année 2025.
En français, on n’a pas trouvé mieux : « coder à l’intuition », « coder au ressenti » ne se sont pas imposés. Le sens, lui, est clair : vous décrivez en langage courant, un outil d’IA écrit le code, et vous jugez sur pièce — ce que vous voyez à l’écran — plutôt que sur plan.
Ce que ça permet réellement
- Un site vitrine de quelques pages, en une soirée, sans connaître le HTML.
- Un petit outil pour soi : un calculateur, un formulaire, un tableau de suivi.
- Une maquette cliquable pour montrer une idée à un associé ou à un développeur.
- Des retouches sur un site existant, à condition de savoir dire précisément ce qui doit changer.
Les outils qui portent cette pratique se rangent en deux familles. Ceux qui travaillent dans le navigateur et publient eux-mêmes le résultat (Lovable, Bolt, v0). Et ceux qui travaillent dans un dossier de votre ordinateur (Claude Code, Cursor). Entre les deux, une simple conversation avec ChatGPT ou Claude suffit pour un site d’une page.
Où ça casse
Le vibe coding échoue presque toujours au même endroit, et ce n’est pas la technique. C’est la commande. Quand on demande « fais-moi un site pour mon activité », l’IA comble chaque silence avec une moyenne : un objectif plausible, un ton passe-partout, des chiffres inventés. Le résultat est propre, et ce n’est pas votre site.
Le second point de rupture arrive plus tard : la conversation qui s’allonge. À force de corrections, l’IA perd le fil, défait ce qui marchait, réintroduit ce que vous aviez refusé. Sans méthode, chaque retouche coûte plus cher que la précédente.
Vibe coder sans se perdre : quatre règles
- Écrire la commande avant d’ouvrir l’outil : l’objectif en une phrase, le lecteur, les pages, les contraintes, et ce que vous refusez.
- Avancer par lots : une page, validée, puis la suivante. Jamais tout le site d’un coup.
- Geler ce qui est validé : dire explicitement à l’IA qu’elle n’y touche plus.
- Réceptionner avant de publier : vérifier point par point, sur téléphone, avec une liste écrite à l’avance.
Ces quatre règles sont exactement celles d’un chantier de bâtiment, où celui qui commande n’a jamais eu besoin de savoir poser une brique. C’est tout le propos des planches de ce site.
Voici ma commande complète. Ne construis rien pour l'instant. 1. Reformule en trois lignes ce que le site doit obtenir, et pour qui. 2. Liste chaque information qui te manque pour construire sans rien inventer. 3. Dis-moi ce qui te paraît contradictoire dans ma commande.
Questions fréquentes
Le vibe coding, c’est pour les développeurs ou pour tout le monde ?
Les deux, pour des raisons différentes. Un développeur s’en sert pour aller plus vite sur ce qu’il saurait faire. Quelqu’un qui ne code pas s’en sert pour obtenir ce qu’il ne saurait pas faire — et c’est lui qui a le plus besoin de méthode, parce qu’il ne peut pas relire le code pour vérifier.
Peut-on publier un site fait en vibe coding ?
Oui, et beaucoup le font. À condition de le réceptionner avant : tester sur téléphone, vérifier chaque chiffre et chaque mention légale, s’assurer qu’aucun service extérieur n’a été ajouté sans votre accord.
Quel outil choisir pour commencer ?
Pour un site de quelques pages, une conversation avec ChatGPT ou Claude suffit. Pour un projet qui évolue et que vous voulez publier sans vous occuper de l’hébergement, Lovable ou Bolt. Le comparatif détaillé est dans le guide Lovable, Bolt, Cursor ou Claude Code.
Est-ce que le vibe coding est risqué ?
Pour un site vitrine, le risque principal est d’afficher des informations fausses inventées par l’IA. Pour une application qui stocke des données ou des mots de passe, le risque devient réel : sans relecture par quelqu’un qui sait lire le code, ne confiez pas de données sensibles à ce que vous avez fabriqué.